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Elections européennes 2019 par Sylvie Guillaume

Les élections européennes approchent à grand pas. L’échéance se compte en mois désormais, ce qui est à la fois beaucoup, car tant de choses peuvent advenir et bouleverser la donne électorale, et très peu, car notre parti, encore convalescent, doit se mettre en ordre de bataille au plus vite pour affronter l’échéance.

Dans cet état d’esprit, une série d’enjeux politiques s’imposent aujourd’hui, seront probablement toujours pertinents à la veille du scrutin et font que ces élections européennes ne ressembleront en rien aux précédentes.

Tout d’abord le contexte européen : les blocages institutionnels, les difficultés à trouver des consensus, à prendre des décisions, n’ont fait que s’aggraver ces dernières années à la tête de l’UE.

A quelques exceptions près, la Commission européenne n’a réussi à imprimer qu’une marque libérale et velléitaire. Pour un Pierre Moscovici qui réussit à modifier des règles de la fiscalité, combien de Gunther Oettinger pour verrouiller le budget ?

Du côté des États membres, les dernières arrivées au pouvoir des populistes en Italie et en Autriche, vont rendre ce fonctionnement encore plus problématique. Les divergences s’accroissent au sein de l’UE, avec les pays de l’Est comme la Pologne et la Hongrie dont les dirigeants s’écartent ouvertement du modèle démocratique, avec les conservateurs dont les positions se rapprochent de plus en plus de celle de l’extrême-droite, alors que les socio-démocrates sont un peu partout en recul ou sur la défensive et que la gauche se morcelle et se querelle. C’est l’Espagne et le Portugal qui incarnent, à peu près seuls, l’existence d’une alternative politique à gauche.

Le Brexit dont l’échéance va intervenir en mars 2019, à quelques semaines de l’élection, jouera sans doute un rôle déterminant dans la campagne car il risque d’être instrumentalisé par tous les protagonistes. Qu’il se passe mal pour le Royaume-Uni et l’UE sera considérée comme une fossoyeuse, qu’il se passe bien et constituerait un modèle à exploiter.

La question migratoire promet déjà d’être le thème incontournable, repris au sein des campagnes électorales de chaque état membre, la France ne faisant pas exception. Les propos sans retenue, les excès prévisibles et la désinformation systématique sont particulièrement à craindre, dans un débat hautement politique qui mériterait qu’on privilégie les solutions à l’hystérisation.

Ensuite justement, le contexte français. J’espère qu’enfin les enjeux européens tiendront une place centrale dans la campagne et ne seront pas un simple prétexte au sempiternel débat franco-français. Le Président de la République a annoncé la couleur en disant que l’affrontement se situera entre progressistes et nationalistes. C’est déjà plus pertinent que sa première grille de lecture qui reposait sur l’opposition entre pro et anti-européens ! Mais si cette lecture existe, elle continue de simplifier le choix politique à l’excès et elle vise aussi à dévaluer des alternatives, en particulier celle incarnée par le PS.

Car pour finir, c’est vers le PS que va toute mon attention. Il reste pour moi le point d’équilibre nécessaire, capable d’incarner les aspirations des électeurs de gauche et la culture d’un parti de gouvernement. C’est un chemin qui a toujours été difficile car il oblige à concilier le respect des valeurs, les idéaux de progrès social et environnemental avec le pragmatisme et la capacité d’élaborer des compromis.

Il nous faudra être en capacité de faire vivre le débat sur des thèmes qui nous sont propres. Il nous faudra avoir des réponses claires sur ceux que mettront en avant nos adversaires. Sens des responsabilités, courage politique, compréhension de notre époque, assurance dans nos convictions : ce sont quelques-unes des qualités dont nous devrons faire preuve et qui, si nous effectuons les bons choix, pourront convaincre tout aussi bien l’électorat de gauche que les désenchantés du macronisme.

Après sa déroute aux présidentielles, le PS a beaucoup à prouver. Ces élections constituent une première épreuve, un passage qui peut le mettre hors-jeu pour de bon mais aussi le qualifier pour d’autres étapes. Chacun et chacune d’entre nous doit être au rendez-vous.

 

Sylvie Guillaume
Vice-présidente du Parlement européen
Députée européenne Sud-Est 

 

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