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COMMUNIQUE DE PRESSE : Grenelle des violences conjugales : les solutions existent, il est temps d’agir.

Aujourd’hui s’ouvre le Grenelle contre les violences faites aux femmes. Stérile grand-messe décidée par un gouvernement toujours en quête d’occupation de l’espace médiatique, ou véritable moment de rencontre et d’échanges pour – enfin – passer à l’action et mettre en place les solutions efficaces ? Malheureusement, le doute n’est plus vraiment permis.

Alors que des dizaines de rapports ont déjà été publiés, que des solutions sont portées dans le débat public depuis des années, les annonces du Premier ministre, si elles vont dans le bon sens, se révèlent en définitive bien décevantes. La proposition de procéder à un « audit » dans 400 commissariats et gendarmeries pour révéler les « dysfonctionnements » en matière de recueil des plaintes n’est pas à la hauteur d’un problème régulièrement pointé par les femmes victimes de violences conjugales.

Les solutions existent, il est temps d’agir. Or, les annonces du gouvernement sont diminuées parce qu’elles ne sont adossées à aucun budget clair et ambitieux. Les associations ont évoqué des besoins à hauteur de 500 millions, voire 1 milliard d’euros, loin, très loin des 79 millions d’euros de crédits spécifiquement alloués à cette lutte, selon une étude menée par cinq organisations. La grande cause du quinquennat reste le parent pauvre des choix budgétaires du gouvernement.

Plutôt que de grandes déclarations qui ne laissent plus personne dupe, pourquoi ne pas généraliser les dispositifs qui existent sur le territoire ?

En Seine-Saint-Denis, depuis 2002, le département a créé le premier observatoire départemental contre les violences faites aux femmes – développé depuis par de nombreuses collectivités -, qui a pensé et expérimenté de nombreux dispositifs pour mieux protéger les femmes, dont plusieurs ont été généralisés au niveau national sous le précédent quinquennat. On pense bien sûr au Téléphone grave danger, remis par la justice aux femmes pour qu’elles puissent ainsi solliciter de l’aide en situation de danger vis-à-vis de leur (ex-)mari ou conjoint, ou encore à la mesure d’accompagnement protégé, qui permet d’encadrer le droit de visite du père quand il y a des enfants (on sait en effet que de nombreux féminicides ont lieu pendant ces visites). La semaine dernière, un lieu unique en France a été inauguré à Bagnolet pour accueillir, en journée, les jeunes femmes de 15 à 25 ans victimes ou susceptibles d’être victimes de violences, du harcèlement à la prostitution en passant par le mariage forcé.

La Ville de Nantes a été sollicitée par quatre associations (Solidarité Femmes, SOS Inceste, Question de confiance et L’Oasis) pour porter un projet de centre de consultation post-traumatique et pluridisciplinaire. Il ouvrira le 25 novembre et permettra de simplifier le parcours des femmes victimes de violences en organisant une prise en charge opérationnelle globale, de la gestion de l’urgence jusqu’à la reconstruction. Ce lieu pour accueillir, informer, écouter, prévenir, soutenir et accompagner gratuitement les femmes victimes de violences et leurs enfants co-victimes sera ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Plutôt que de nous perdre en palabres et réunionite, prenons exemple sur ce qui fonctionne pour en faire un grand plan national de lutte contre les violences faites aux femmes en coopération avec un ensemble de partenaires : collectivités, justice, police, services de santé. En procédant ainsi, l’Espagne a divisé par 2 le nombre de féminicides.

Sans cette ambition, tous les Grenelle du monde ne changeront rien et nous continuerons de voir cruellement et mécaniquement s’allonger la liste des victimes de féminicides et autres violences faites aux femmes.