PS Ain |

Le site des socialistes de l'Ain

L’Edito de Florence Blatrix

Cher-e camarade,

Nous venons de clore la première étape de la refondation de notre parti entamée à l’automne dernier.

Ce début d’été a été marqué par la triste affaire Benalla dont les rebondissements ne laissent pas apparaître pour l’heure toute la vérité et toutes les responsabilités. Au-delà des versions fluctuantes qui ne manqueront pas d’évoluer, je veux souligner le travail de nos parlementaires qui ont œuvré pour que les éclaircissements soient faits sur cette affaire malgré les tentatives d’obstruction de la majorité. Nous devons nous féliciter tout d’abord du travail de la presse qui a mis en évidence les fautes et les dysfonctionnements au sommet de l’Etat. Mais cette affaire, en mettant à mal l’exemplarité érigée en promesses par le Président risque de renforcer les populismes et d’affaiblir la démocratie. L’attitude du Président, qui après avoir reconnu sa responsabilité devant les parlementaires de sa majorité a ajouté « qu’ils viennent me chercher » est indigne de la fonction présidentielle. L’image de la France est écornée ; les institutions ne sont pas respectées par la majorité !

Ce début d’été a également été marqué par les nombreux incendies en Europe. Nous avons tous une pensée attristée pour le peuple grec durement touché avec de nombreuses victimes. L’Europe du Nord n’a pas été épargnée avec une occurrence des incendies 10 fois plus importante que la dernière décennie. Nul ne peut nier l’accélération du réchauffement climatique ! Les mesures de la transition énergétique et écologique sont bien au deçà des enjeux : cette préoccupation doit être centrale pour notre formation politique. Nous devrons collectivement nous emparer de ce défi !

Après la pause estivale, nous nous retrouverons pour notre traditionnelle rentrée mais surtout pour travailler sur les différents chantiers du Parti Socialiste. Le premier chantier sera le chantier européen ; ce sujet a toujours été important pour notre parti. Aussi, j’ai souhaité que chaque section puisse se réunir en septembre pour débattre et proposer.

En attendant, je vous souhaite à toutes et à tous un bel été.

Amitiés socialistes,

Florence Blatrix
Première secrétaire fédérale

Feuille de route de la section Bugey Sud et du secrétariat fédéral à la culture et à l’éducation

Feuille de route section Bugey Sud

Ce vaste territoire contrasté s’étend du nord Isère jusqu’aux confins du Valromey. Dans sa pointe sud, il jouxte la Savoie. Un point est commun au sein de ces disparités : la grande majorité des collectivités est gérée par des élus Républicains ou devenus Marcheurs.

Notre enjeu dans les prochains mois sera de marquer notre différence en réaffirmant nos valeurs et en continuant de faire vivre le débat  :

– tisser davantage de liens avec le milieu associatif local, véritable vivier de talents,

– ouvrir et élargir nos échanges afin que la « chose politique » redevienne un enjeu partagé, aux prises avec le quotidien de chacune et chacun,

– affirmer, dans les perspectives électorales à venir, une véritable vision pour le bien commun.

La section Bugey Sud prendra toute sa place dans la défense de ses convictions, en replaçant l’humain au cœur de sa mission, au-delà de toute perspective politicienne et personnelle de la politique.

 

Secrétariat fédéral à la culture et à l’éducation


Culture : aucune ambition ne se dégage au niveau national.

La ministre est inaudible, rien n’émerge de ses interventions si ce n’est un flou navrant. Certes, il y a bien, deci delà, quelques remous, mais qui s’apparentent  à des coups d’épée dans l’eau : les velléités de Mme Nyssen de déplacer la Joconde, une utopie – Beyoncé et Jay-Z n’ont pas attendu que Mona Lisa vienne à eux pour se mettre en scène devant son énigmatique sourire dans leur dernier clip ! -,  le lancement en fanfare du Loto du patrimoine, qui masque en réalité le cruel désengagement de l’État.

La politique régionale est de son côté parfaitement clientéliste et inégalitaire, la part belle de l’attribution des deniers régionaux  revenant aux « copains » du président Wauquiez.

Pourtant, la culture est un levier social fort, facteur d’émancipation et d’éducation.

Les multiples croisements possibles avec, notamment, les politiques de la ville, les milieux scolaires et associatifs, rapprochent la culture des publics, tous les publics, même les plus défavorisés. Mais, lorsqu’on mène une politique de droite, pourquoi chercher à élever le peuple ?

Sans compter que la culture est également un formidable outil de promotion touristique, générateur d’emplois.

Il semble plus que jamais urgent de ré-inscrire la culture dans notre quotidien, loin de toute politique paillette et d’en faire un véritable marqueur d’une société plus généreuse, moins élitiste.

 

Education : en arrière-toute !

Retour aux chorales dans les écoles, aux uniformes bientôt, non ? La ville de Provins en Seine-et-Marne s’y est déjà mise. Promesses non tenues pour les enseignants des lycées professionnels, jeux de chaises musicales sans créations de postes dans les collèges, précipitation et effets d’annonce dans la mise en place de Parcoursup, bourses au mérite à gogo pour les très scolaires génies de l’éducation nationale,… Tous les ingrédients sont là pour fabriquer la mort de l’enseignement public.

L’école devient inégalitaire, à deux vitesses, bien conforme à la politique du « président des très riches ».

Il est nécessaire de revenir à un modèle généreux, à l’écoute des différences, plus ouvert à la mixité sociale. Nous voulons davantage d’égalité, moins de discriminations, le droit pour chaque enfant, quel que soit le milieu dont il est issu, d’accéder aux mêmes savoirs. Une école tout simplement laïque et républicaine.

Valérie Hérault
Secrétaire de la section Bugey Sud
Secrétaire fédérale à la culture et à l’éducation

 

Motion de censure de la Nouvelle gauche, La France insoumise, Gauche démocrate et républicaine,

Vendredi 27 juillet 2018, les groupes parlementaires Nouvelle gauche, La France insoumise, Gauche démocrate et républicaine, représentés respectivement par Valérie Rabault, Eric Coquerel et Stéphane Peu ont déposé au bureau de l’Assemblée nationale une motion de censure dont voici le texte :

Notre pays traverse une crise politique qui révèle des dysfonctionnements graves au sommet de l’État et au cœur des institutions républicaines. Les auditions des commissions parlementaires et les révélations de la presse attestent de la dérive autocratique et du sentiment d’impunité qui prévalent au plus haut sommet de l’État.

Des employés de l’Élysée, collaborateurs de la Présidence de la République, ont participé à des opérations de police le 1er mai 2018, indépendamment de la hiérarchie préfectorale et policière, en
usurpant insignes et fonctions et en faisant preuve d’une violence intolérable à l’égard de citoyens.

Malgré l’illégalité de ces actes, les responsables informés n’ont pas jugé bon d’en référer au procureur de la République comme le leur impose pourtant l’article 40 du Code de procédure pénale. Il apparaît donc que plusieurs responsables au plus haut niveau de l’État ont tenté de dissimuler volontairement des faits qui auraient dû être signalés à l’autorité judiciaire. Ces faits ne peuvent laisser le Parlement indifférent, au moment où le pouvoir exécutif entend de surcroît diminuer ses capacités d’initiative, d’évaluation et de contrôle. Ces circonstances exceptionnelles soulignent combien la teneur du projet de réforme constitutionnelle défendu par la majorité n’est pas à la hauteur de la crise des institutions de la Ve République.

Ces faits interrogent les habitudes du président de la République en matière de sécurité, la pratique gouvernementale en matière d’ordre public, et plus généralement une pratique
du pouvoir et des institutions. Ils fragilisent l’autorité de l’État. Ils expriment une irresponsabilité assumée du pouvoir alors que le Premier ministre, selon l’article 21 de la Constitution,
assure l’exécution des lois et dirige l’action d’un Gouvernement qui comprend le ministre de l’Intérieur.

Pendant une semaine, le Premier ministre a refusé de s’exprimer devant l’Assemblée nationale, alors qu’il est responsable devant elle selon l’article 20 de la Constitution. Il a notamment décliné
les sollicitations émanant des groupes parlementaires, en vertu de l’article 50-1 de la Constitution.

Enfin, cette crise au sommet de l’Etat a atteint l’Assemblée nationale au lendemain de l’intervention du Président de la République devant sa majorité. Depuis, les députés de la République
en Marche ont fait obstruction au bon fonctionnement de la commission d’enquête parlementaire, mise en place grâce au volontarisme des groupes d’opposition. Cette commission
d’enquête a été verrouillée de telle manière que ses travaux ne permettent pas de faire émerger la vérité.

La confiance que le peuple doit accorder au Gouvernement et dans ses institutions est donc compromise.

L’Assemblée nationale doit pouvoir s’exprimer sur la responsabilité du gouvernement et lui retirer la confiance que son comportement a rompue.

Ils ont menti pour se protéger, nous avons cherché la vérité, ils ont refusé de s’expliquer, il ne nous reste plus qu’un moyen : la motion de censure que nous déposons en vertu de l’article 49-2.

Les signataires :
André Chassaigne, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Rabault, Clémentine Autain, Joël Aviragnet, Ericka Bareigts, Marie-Noëlle Battistel, Huguette Bello, Ugo Bernalicis, Gisèle Biémouret, Christophe Bouillon, Jean-Louis Bricout, Moetai Brotherson, Alain Bruneel, Marie-George Buffet, Luc Carvounas, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Alain David, Pierre Dharréville, Jean-Paul Dufrègne, Laurence Dumont, Elsa Faucillon, Olivier Faure, Caroline Fiat, Guillaume Garot, David Habib, Christian Hutin, Régis Juanico, Sébastien Jumel, Marietta Karamanli, Bastien Lachaud, Jérôme Lambert, Michel Larive, Jean-Paul Lecoq, Serge Letchimy, Josette Manin, Jean-Philippe Nilor, Danièle Obono, Mathilde Panot, George Pau-Langevin, Stéphane Peu, Christine Pires Beaune, Dominique Potier, Loïc Prud’homme, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Adrien Quatennens, Jean-Hugues Ratenon, Muriel Ressiguier, Fabien Roussel, Sabine Rubin, François Ruffin, Hervé Saulignac, Gabriel Serville, Bénédicte Taurine, Sylvie Tolmont, Cécile Untermaier, Hélène Vainqueur-Christophe, Boris Vallaud, Michèle Victory, Hubert Wulfranc.

Elections européennes 2019 par Sylvie Guillaume

Les élections européennes approchent à grand pas. L’échéance se compte en mois désormais, ce qui est à la fois beaucoup, car tant de choses peuvent advenir et bouleverser la donne électorale, et très peu, car notre parti, encore convalescent, doit se mettre en ordre de bataille au plus vite pour affronter l’échéance.

Dans cet état d’esprit, une série d’enjeux politiques s’imposent aujourd’hui, seront probablement toujours pertinents à la veille du scrutin et font que ces élections européennes ne ressembleront en rien aux précédentes.

Tout d’abord le contexte européen : les blocages institutionnels, les difficultés à trouver des consensus, à prendre des décisions, n’ont fait que s’aggraver ces dernières années à la tête de l’UE.

A quelques exceptions près, la Commission européenne n’a réussi à imprimer qu’une marque libérale et velléitaire. Pour un Pierre Moscovici qui réussit à modifier des règles de la fiscalité, combien de Gunther Oettinger pour verrouiller le budget ?

Du côté des États membres, les dernières arrivées au pouvoir des populistes en Italie et en Autriche, vont rendre ce fonctionnement encore plus problématique. Les divergences s’accroissent au sein de l’UE, avec les pays de l’Est comme la Pologne et la Hongrie dont les dirigeants s’écartent ouvertement du modèle démocratique, avec les conservateurs dont les positions se rapprochent de plus en plus de celle de l’extrême-droite, alors que les socio-démocrates sont un peu partout en recul ou sur la défensive et que la gauche se morcelle et se querelle. C’est l’Espagne et le Portugal qui incarnent, à peu près seuls, l’existence d’une alternative politique à gauche.

Le Brexit dont l’échéance va intervenir en mars 2019, à quelques semaines de l’élection, jouera sans doute un rôle déterminant dans la campagne car il risque d’être instrumentalisé par tous les protagonistes. Qu’il se passe mal pour le Royaume-Uni et l’UE sera considérée comme une fossoyeuse, qu’il se passe bien et constituerait un modèle à exploiter.

La question migratoire promet déjà d’être le thème incontournable, repris au sein des campagnes électorales de chaque état membre, la France ne faisant pas exception. Les propos sans retenue, les excès prévisibles et la désinformation systématique sont particulièrement à craindre, dans un débat hautement politique qui mériterait qu’on privilégie les solutions à l’hystérisation.

Ensuite justement, le contexte français. J’espère qu’enfin les enjeux européens tiendront une place centrale dans la campagne et ne seront pas un simple prétexte au sempiternel débat franco-français. Le Président de la République a annoncé la couleur en disant que l’affrontement se situera entre progressistes et nationalistes. C’est déjà plus pertinent que sa première grille de lecture qui reposait sur l’opposition entre pro et anti-européens ! Mais si cette lecture existe, elle continue de simplifier le choix politique à l’excès et elle vise aussi à dévaluer des alternatives, en particulier celle incarnée par le PS.

Car pour finir, c’est vers le PS que va toute mon attention. Il reste pour moi le point d’équilibre nécessaire, capable d’incarner les aspirations des électeurs de gauche et la culture d’un parti de gouvernement. C’est un chemin qui a toujours été difficile car il oblige à concilier le respect des valeurs, les idéaux de progrès social et environnemental avec le pragmatisme et la capacité d’élaborer des compromis.

Il nous faudra être en capacité de faire vivre le débat sur des thèmes qui nous sont propres. Il nous faudra avoir des réponses claires sur ceux que mettront en avant nos adversaires. Sens des responsabilités, courage politique, compréhension de notre époque, assurance dans nos convictions : ce sont quelques-unes des qualités dont nous devrons faire preuve et qui, si nous effectuons les bons choix, pourront convaincre tout aussi bien l’électorat de gauche que les désenchantés du macronisme.

Après sa déroute aux présidentielles, le PS a beaucoup à prouver. Ces élections constituent une première épreuve, un passage qui peut le mettre hors-jeu pour de bon mais aussi le qualifier pour d’autres étapes. Chacun et chacune d’entre nous doit être au rendez-vous.

 

Sylvie Guillaume
Vice-présidente du Parlement européen
Députée européenne Sud-Est 

 

Actualités

Page suivante »