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Accord sur la formation professionnelle pour lutter contre le chômage

formation professionnelle

A cause d’un système de formation professionnelle mal adapté, les chômeurs qui en ont réellement besoin sont laissés sur le bord de la route. Voila pourquoi, le gouvernement et les partenaires sociaux se sont entendus pour le réformer afin de créer un régime juste, efficace et respectueux du dialogue social.

Ces dix dernières années, la France est confrontée à de massives destructions d’emplois. Les chiffres sont édifiants : près de 1,5 million de chômeurs de plus depuis 2008 toutes catégories confondues, soit 1000 chômeurs par jour. La crise économique n’explique pas tout. En effet, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a dénoncé dans son rapport du 20 septembre 2013 les incohérences et les injustices dans le fonctionnement des organismes qui sont censés former les 3,4 millions de chômeurs que compte la France.
Jusqu’à présent, et malgré les promesses du gouvernement Sarkozy, les demandeurs d’emploi étaient quasiment exclus d’un système de formation coûtant pas moins de 32 milliards d’euros. Sur les 13,7 milliards d’euros versés par les entreprises, premiers contributeurs de la formation professionnelle devant l’Etat, les Régions et Pôle emploi, 1% seulement bénéficie aux chômeurs ! Un peu plus de 8% des demandeurs d’emplois reçoivent une formation. L’explosion du nombre de démarches administratives et d’organismes professionnels est un obstacle souvent insurmontable pour les chômeurs souhaitant accéder à une formation. Seuls les mieux conseillés, les plus fortunés et les mieux formés y parviennent. Selon une étude de l’INSEE, 60 % des demandeurs d’emploi auraient souhaité suivre une formation au cours des douze derniers mois mais leur projet n’a pas abouti. Le manque de moyens et la bureaucratisation de ce système ont développé un travers terrible : les chômeurs en viennent à se concurrencer entre eux. Ceux qui ont réellement besoin d’une formation sont laissés sur le bord de la route.
Pourtant, la politique de formation est un préalable au retour durable à l’emploi. L’Allemagne et la Suisse, très en pointe sur ce sujet, sont des exemples concrets.
François Hollande avait fait de la réforme de la formation professionnelle un des thèmes forts de la campagne présidentielle. Aujourd’hui, l’accord signé avec les syndicats répond à une double exigence. Dans un premier temps, donner les droits et les moyens aux salariés et aux demandeurs d’emploi de construire leur carrière. Puis de faire de la formation un véritable investissement pour les entreprises au service de la compétitivité, la croissance et l’emploi. La volonté du gouvernement Ayrault et des syndicats est de refonder le système afin de créer un régime de formation professionnelle juste, efficace et respectueux du dialogue social.
Le budget consacré à la formation des demandeurs d’emploi va passer de 600 à 900 millions d’euros, soit une hausse de 50%, dans le but de soutenir les chômeurs et les salariés les plus faibles et les moins qualifiés.
Un compte personnel de formation peut être ouvert dès l’âge de 16 ans et suit la personne tout au long de sa vie professionnelle, même si elle se retrouve au chômage ou change d’emploi. Le but du gouvernement est de faire du CPF un outil majeur de la formation professionnelle. Par conséquent, il sera doté d’un budget important de 1,2 milliard d’euros par an.
Le financement émanant des entreprises est refondu, sans constituer un poids fiscal pénalisant pour autant. En effet, si rien ne change pour les entreprises de moins de 10 salariés, les autres verront leurs cotisations au financement de la formation professionnelle passer de 1,6% à 1%.

La mise en place d’un «conseil en évolution professionnelle» est une mesure chère aux syndicats. Toute personne pourra en bénéficier à titre gratuit afin de mieux identifier ses compétences, de l’aider dans son orientation ainsi que dans l’élaboration d’un projet professionnel. Il doit permettre aussi de repérer les personnes affectées par l’illettrisme.

Ce nouveau dispositif permettra à la France de mieux protéger les salariés du chômage et de donner aux sans-emploi les armes pour se réinsérer dans le monde du travail. Cette réforme sera de fait un instrument efficace dans la construction d’une sécurité sociale professionnelle.

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