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Plan de soutien du Département et transition écologique

La majorité départementale du Département nous a proposé un plan de soutien de 32 millions d’euros dans une période qui exige de la solidarité.

Ecartons déjà ce qui relève de l’affichage. Cinq millions d’euros sont provisionnés et renvoyés à une dépense ultérieure sans que l’on sache laquelle : c’est par définition une dépense hypothétique. Cinq autres millions étaient déjà annoncés de longue date : un million dédié au patrimoine et quatre affectés au soutien à la transition écologique en 2021. Crise sanitaire ou pas, ces montants étaient promis et ne peuvent donc pas nous être vendus deux fois.

Et puis intégrer cinq millions de progression de dépenses  au titre du RSA à un plan de soutien exceptionnel alors que cette allocation est une dépense obligatoire de notre collectivité nous a paru très discutable.

Enfin il y a ces crédits déjà votés au budget primitif et maintenus notamment dans le domaine culturel… Les mesures nouvelles avoisinent donc à ce stade plus volontiers les 15 millions que les 32 annoncés.

Le plan qui nous a été  présenté à indéniablement certains mérites mais il ne peut pas être l’unique contribution de notre collectivité au cycle déjà trop connu de la crise : à l’origine la négligence puis l’émoi à l’apparition des premiers cas, puis l’effroi au pic de la pandémie ; enfin, un jour viendra, l’oubli pour clore la parenthèse.

On ne peut plus feindre l’ignorance devant l’accumulation des diagnostics. Avant de devenir une affaire de santé, la multiplication des virus pathogènes renvoie à la question écologique. L’effondrement des écosystèmes participe à la fois à la circulation des virus et plus largement au dérèglement climatique.

Et nous en avons l’illustration il y a peu. Le mois de mai est le 10ème de suite à connaître une température moyenne au-dessus des normales. C’est inédit même si ces derniers mois, on a pu se rassurer en constatant l’amélioration spectaculaire de la transparence atmosphérique qui rend le Mont Blanc visible à nos amis lyonnais.

Mais dans le même temps, certains pays de l’Ain connaissent déjà les restrictions de l’usage de l’eau.

Le naufrage sanitaire actuel n’est en vérité que le signe avant-coureur du chaos climatique qui vient.

La crise sanitaire que nous vivons nous dit au contraire l’utilité de l’action publique et la rupture avec la marche précédente. Plus encore, elle remet au premier plan la priorité des moyens d’existence : l’alimentation, la santé, le logement, l’environnement, la culture.

Ce changement de cap induit moins d’inégalités, moins de passoires thermiques, moins d’infrastructures polluantes et plus de pistes cyclables, plus de produits issus des circuits courts et davantage de solidarité, entre autres.

Toutes nos politiques départementales s’en retrouvent questionnées.

Nous pouvons et nous devons faire mieux dans les domaines à forte valeur ajoutée et écologique, qu’il s’agisse de l’entretien des ressources naturelles, de la prise en charge du grand âge ou de la petite enfance.

Le département est le mieux à même d’identifier les emplois utiles en lien avec les autres collectivités et les acteurs du territoire. Bien sûr, un effort particulier doit être porté sur notre patrimoine bâtimentaire –à rénover ou à construire en mode passif. Les collèges sont à la fois des lieux de vie et des emblèmes pour la jeune génération.

C’est aussi là que se joue la transition alimentaire qu’il faut impulser.

C’est aussi la production d’énergie renouvelable qu’il faut soutenir à force d’installations diffuses dans tout le territoire.

La bataille, elle est aussi culturelle. On ne réussira pas à créer un élan collectif si l’on ne s’appuie-pas sur la culture pour élever nos richesses –qu’elles soient humaines ou naturelles- au rang de celles qui font la fierté du territoire.

L’appel vibrant du collectif culturel de l’Ain par voie de presse dernièrement est à cet égard une main tendue qu’il nous faut savoir saisir.

Sans consentement, il n’y aura pas capacité à engager cette transformation. C’est pourquoi il y a matière à réinventer notre institution ; La participation citoyenne doit être plus souvent sollicitée qu’à l’occasion des seuls scrutins de moins en moins courus. Les enjeux pour l’Ain ne manquent pas et nous pourrions davantage solliciter les avis sur des sujets d’importance.

Au-delà de ce plan de relance qui nous est soumis, notre département a plus que jamais besoin d’un plan de transformation qui permette aux Aindinois de vivre mieux dans un territoire plus vertueux et plus respectueux de chacun.

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